La poésie contrainte de Meb

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Meb, nom d’artiste de Marie-Ève Bouchard, publie son deuxième recueil de poésie, Un an vu de chez elle. Entrevue avec l’artiste multidisciplinaire de Saint-Jérôme.

Un an vu de chez elle, ce sont des poèmes en carré : quatre lignes de quatre lettres. « Les contraintes, c’est inspirant. Dans la limite, tu te poses moins de questions. Tu as une direction, donc c’est plus facile. Mais c’est super difficile en même temps! C’est le projet le plus masochiste que j’ai fait », explique Meb. La poète explique le défi de se limiter à 16 lettres, en évitant de répéter des mots à travers le recueil. « Il faut soutirer l’essence de ce que tu veux. »

Meb raconte aussi qu’elle a eu un cancer de la tyroïde et qu’après l’opération, elle avait de la difficulté à parler. Si c’était inconscient au moment d’écrire son recueil, elle voit maintenant un lien entre la perte de sa voix et la contrainte qu’elle s’est imposée pour écrire ses poèmes. « Il y a une certaine retenue, qui représente peut-être une peur de s’exprimer. Je vivais des choses vraiment difficiles. C’était plus facile d’aller dans le petit. J’avais peur que si je commençais à écrire beaucoup… C’était une manière de contenir l’hémorragie », confie la poète.

« J’ai un parcours qui va un peu dans tous les sens », raconte Meb en riant. La musique est son premier amour. « Je suis violoniste de formation. Depuis que j’ai 5 ans, j’ai fait des études en musique. J’ai une maîtrise en histoire de la musique et j’enseigne au cégep Saint-Laurent. » Mais elle se passionne aussi pour la poésie depuis longtemps, d’abord en publiant dans des zines (des revues à faible tirage).

Ce n’est qu’après avoir sortis 3 disques, soit 2 EP et 1 LP, qu’elle décide de se consacrer plus sérieusement à la poésie. « J’ai commencé tard. J’ai sorti mon premier disque dans la trentaine. J’étais fatiguée, je crois. C’est quand même du stock, faire des shows, se coucher tard. J’avais moins d’énergie, moins le goût. »

En 2017, elle publie Aria de laine, son premier recueil de poésie. Ce dernier regroupe des poèmes découpés dans le roman Maria Chapdelaine de Louis Hémon, qui est maintenant dans le domaine public.

Sur son site web, chezmeb.com, l’artiste tente de créer quelque chose tous les jours. « Je ne réussis pas tout le temps! (rire) Il y a des moments où je le fais plus. L’idée, c’est de me forcer à faire quelque chose. Mais ça reste un peu un monde idéal dans ma création. Je n’ai pas toujours le temps. »

Pour Noël, par exemple, elle a fait des poèmes en forme de sapin, qui forment un calendrier de l’avent. On retrouve aussi de la photographie et d’autres œuvres poétiques.

« C’est comme ça que j’ai fait pour Aria de laine et pour Un an vu de chez elle. »

Elle a aussi réalisé un livret d’opéra avec la compositrice Sonia Paço-Rocchia, elle aussi des Laurentides et lauréate du Prix 3 femmes de Mécénat Musica.

K-WAY D’ÂME DÉJÀ PLIÉ

« Il exprime très bien cet espèce de motton qu’on peut avoir. Il reflète tes émotions qui sont toutes en boule. » – Meb

ÉLUE POUR OSER VOIR

« C’est la définition de ce que c’est, être poète ou artiste en général » – Meb

Simon Cordeau, Initiative de journalisme local, Journal Accès