Démission à Rideau Hall : l’opposition s’en prend à Justin Trudeau

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Conservateurs et néodémocrates critiquent le jugement du premier ministre qui avait nommé Julie Payette aux fonctions de gouverneure générale, s’interrogeant notamment sur la vérification des antécédents de gestion et le rejet du processus de nomination élaboré par le gouvernement Harper en 2012.

Julie Payette a rendu sa démission à l’issue de la remise au président du Conseil privé de la Reine, d’un rapport d’enquête accablant sur des allégations de harcèlement en milieu de travail et de dépenses jugées fantaisistes.

L’opposition reproche à Justin Trudeau d’avoir manqué de jugement en désignant l’ancienne astronaute à ces fonctions de représentation de la Reine en 2017. Certains élus à la Chambre des communes émettent des doutes sur l’enquête de moralité de l’impétrant. C’est le cas du député de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, cité par Radio Canada. Selon le leader parlementaire du Parti conservateur, Gérard Deltell, repris par le réseau du diffuseur public, Justin Trudeau n’aurait pas dû écarter l’idée du comité consultatif pour la nomination vice-royale que le gouvernement de Stephen Harper avait adoptée en 2012.

Dans ce contexte potentiellement ouvert à la tenue d’une élection au printemps, le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, recommande que la nomination de ce « commandant en chef des Forces armées » se fasse à l’issue d’une concertation.

« Compte tenu des problèmes rencontrés avec sa dernière nomination et du Parlement minoritaire, le premier ministre devrait consulter les partis d’opposition et rétablir le comité des nominations vice-royales », a-t-il soutenu.

Une institution « monarchique »

Le Bloc n’a pas manqué l’occasion de relancer les débats sur la place d’une gouverneure générale au sein de l’appareil institutionnel du Canada.

« Le poste vacant de gouverneur général est une belle occasion de remettre en question l’utilité d’une fonction dépassée qui n’a pas sa place en démocratie, a soutenu dans un communiqué le député de Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin par ailleurs porte-parole du Bloc québécois en matière de Justice et du Conseil privé.

Au Canada, le gouverneur général qui représente la reine Élisabeth II, est nommé par le premier ministre pour un mandat de 5 ans, qui peut s’étendre à 7 ans. Aux termes de la constitution, il peut nommer ou destituer un gouvernement, mais ces pouvoirs restent généralement théoriques ou protocolaires.

“Une recommandation concernant un remplaçant sera présentée à Sa Majesté la reine Elizabeth II et annoncée en temps voulu”, a avancé Justin Trudeau dans une déclaration.

“Tous les employés du gouvernement du Canada ont le droit de travailler dans un milieu sain et sécuritaire, et nous prendrons toujours cette question très au sérieux”, a-t-il souligné, présentant l’annonce de la démission comme “une occasion de renouveler l’équipe de direction à Rideau Hall dans le but de répondre aux préoccupations concernant le milieu de travail que des employés ont soulevées.”

Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local, Le Canada Français